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About :

MSM

I have created preatourner platfom in 2006.

I’m feature film producer and screenplay writer. I’m an actress too.

http://www.pret-a-tourner.com

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Projetée salle du soixantième, à Cannes, hors compétition, la dernière comédie de Woody Allen évoque les thèmes récurrents de l’insatisfaction en amour et du divertissement face à la crainte qu’inspire la finitude du temps et son irréversibilité. Obsédés, les personnages le sont chacun à leur façon.

Helena (Gemma Jones), fraîchement larguée après quarante ans de mariage, cherche, auprès de sa « diseuse de bonne aventure » confirmation de la probabilité de réalisation de ses désirs. Le désir prime la liberté. Le désir est premier. Avant de désirer une personne, on désire désirer une personne. Sous une apparente légèreté, on reconnaît les influences philosophiques du réalisateur.

Alfie (Anthony Hopkins), le mari vagabond de Héléna, lutte contre la fuite du temps, la vieillesse ou cette lente issue approchante qu’est la mort. Remise en forme dans des centres sportifs, remède contre l’impuissance sexuelle, l’illusion, comme le suggère le réalisateur n’est-elle pas plus forte que les remèdes ? Alfie propose à une prostituée d’entretenir sa forme, puis se prend dans les filets de l’illusion qu’il peut et la satisfaire, et lui plaire. Force de l’illusion et violence du principe de réalité.

Sally(Naomi Watts), la fille d’Héléna et Alfie, n’admire plus son mari (Josh Brolin), médecin reconverti à l’écriture. Elle aime son patron (Antonio Banderas) qui en aime une autre. Le désir se nourrit de la distance et d’attente. La reconnaissance est obsédante, pour chacun des personnages. Héléna cherche une personne capable de reconnaître à ses aspirations ésotériques une certaine consistance. Elle aime à se dire que nous avons plusieurs vies. Jonathan, le bel étranger que rencontre Héléna, veut que sa défunte épouse reconnaisse légitime sa relation avec Héléna au cours d’une séance de spiritisme. Le mari de Sally veut voir reconnaître son talent comme une qualité et non un accident.

L’illusion est nécessaire à la vie ? S’illusionner est-ce créer un sens, celui du contournement de vérités trop abruptes ? Héléna préfère croire qu’il y a plusieurs vies, Sally s’aveugle sur la supposée réciprocité des sentiments de son patron, Alfie s’illusionne sur l’intérêt strictement pécunier de la Bimbo qui partage son lit et sa carte de crédit…L’écrivain raté finit par croire que le talent reconnu au manuscrit volé est le sien… Noyer ses angoisses dans la poursuite d’obsessions temporaires, c’est finalement le point commun de ces personnages aux histoires d’amour contrariées croisées. « La vie est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien »,

Woody Allen cite Macbeth au commencement de sa comédie.

Reste que la quête de ses personnages a un aspect universel. Le sens est absent. La quête de sens l’obsession. Le désir, la principale passion de la raison. L’humaine raison.

Le 06 Octobre 2010 en salle.

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1/ Comment passe-t-on de l’écriture de romans à celle de séries télévisées, faut-il suivre une formation, une technique spécifique?

Dans les faits, je suis venu à l’écriture de romans puis à celle de scénarios de la même façon : en tant qu’autodidacte. Le virus de l’écriture m’a contaminé très vite, je devais avoir huit ou neuf ans.

Je rédigeais alors des poèmes et des nouvelles, des histoires qui me permettaient de m’évader, de transcender mon quotidien. C’est le livre de Pierre Boulle, « La planète des singes », qui a tout déclenché. Je me suis dit : « Voilà ce que je veux faire ! ».

Pour en revenir à l’écriture, qu’elle soit purement littéraire ou scénaristique, je crois que, même si les techniques diffèrent, la démarche est identique : le but est de raconter une histoire qui tienne la route, qui intéresse le lecteur/spectateur. Dans un cas comme dans l’autre, il y a donc des règles à respecter, même si l’univers audiovisuel est plus codifié et plus contraignant, tout simplement parce que les budgets conditionnent la faisabilité ou pas des films. Plus on a d’argent, plus on peut se permettre de choses.

Dans un roman, l’écrivain peut écrire ce qu’il veut, sans craindre que l’éditeur lui dise que c’est trop cher ! Il peut faire exploser la planète si ça lui chante ! Le scénariste écrit en fonction du budget, du nombre de jours de tournage, des décors disponibles, il se conforme au cahier des charges de la production… Je sais qu’il existe des écoles ou des ateliers où l’on apprend aux gens à écrire. Sincèrement, je ne crois pas que ça s’apprenne.

Très jeune, instinctivement, on sent qu’on est capable de le faire. Ça ne s’explique pas. Regardez les Beatles : Lennon et McCartney ne connaissaient pas le solfège, ils jouaient la musique qu’ils sentaient, comme elle venait. Idem pour Stephen King qui n’a suivi aucune formation, qui écrit sans plan. Et que dire de José Giovanni qui, après un séjour en prison, s’est mis à écrire, d’abord des romans puis des scénarios pour le cinéma, sans avoir suivi le moindre cours ?

Pour apprendre, il faut beaucoup lire et beaucoup écrire, tous les jours, confronter son style à celui des autres, expérimenter de nouvelles techniques, voir ce qui marche ou pas. Car l’auteur – qu’il soit écrivain ou scénariste – est en apprentissage toute sa vie.

2/ Vous captivez des millions de téléspectateurs avec les séries que vous écrivez, dont le Commissaire Valence, comment reconstituez-vous le réel?

Quand on écrit un roman ou un film policier – le cas de Commissaire Valence –, il faut bien sûr se renseigner un minimum sur le quotidien des flics. Pour ma part, je me suis souvent rendu au 36, quai des Orfèvres, j’ai rencontré les responsables des diverses brigades.

Mais si ce travail de documentation est important, il ne résout pas le problème majeur, qui est d’inventer une histoire cohérente et suffisamment accrocheuse pour captiver le téléspectateur. Et puis, dans la réalité, la résolution d’une enquête policière prend beaucoup plus de temps que dans les livres ou les films !

 Pour une série comme Valence, il faut aussi tenir compte de la personnalité de Bernard Tapie, qui sait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas. Plusieurs choses entrent en ligne de compte dans l’écriture d’un scénario : le sujet, les contraintes de la production et la personnalité des acteurs principaux… Tout est une question d’adaptation.

3/ Concrètement combien de temps vous prend l’écriture d’un épisode? Etes-vous entièrement libre du contenu?

 L’écriture d’un épisode peut être rapide, deux ou trois mois. Mais ensuite, il est passé au crible par la production, les acteurs, les agents des acteurs et le diffuseur. Plus il y a de personnes qui donnent leur avis, plus c’est long. Un scénariste doit rester humble, à l’écoute, motivé, il doit être réactif et endurant car les revirements et les corrections sont incessants, souvent jusqu’au premier jour de tournage, et même pendant…

4/ Quels sont vos projets pour la rentrée? Et vos projets pour le Cinéma?

Je travaille sur deux séries. Concernant le cinéma, je développe des sujets avec deux réalisateurs. Tout cela prend du temps, et pas mal d’énergie !

5/ Une série française peut-elle s’exporter? Comment expliquez-vous le succès des séries américaines?

Le succès des séries américaines s’explique en grande partie par le savoir-faire indéniable des équipes, des budgets plus importants, et aussi par la liberté de ton : des programmes comme Dexter ou The Shield ne verront jamais le jour en France car ils sont jugés trop noirs, trop décalés, trop subversifs…

Je crois que c’est un mauvais calcul car en tant qu’auteur de thrillers, je peux vous assurer que ce sont principalement des lectrices qui viennent me voir dans les salons. La violence et le sexe présents dans les polars ne les choquent pas du tout, au contraire ! La société a évolué, même si certains font semblant de ne pas le voir !

6/ Donnez-vous des cours de formation? Etes-vous Script Doctor?

Pour l’instant, je ne donne pas de cours même si j’envisage cette éventualité dans un futur proche : je crois que, quel que soit notre métier, la transmission de notre savoir est une chose importante. Il m’arrive de faire du script-doctoring, sur des séries télé ou sur des longs métrages.

7/ Si vous deviez vous définir en une phrase?

Un rêveur qui travaille chaque jour à la réalisation de ses rêves.

8/ Si vous deviez proposer une réforme dans le secteur audiovisuel, que préconiseriez-vous?

Qu’on fasse davantage confiance aux auteurs, qu’on améliore leur statut, car après tout ils sont à l’origine des films et des richesses qu’ils génèrent !

9/ Quel est votre réalisateur préféré et pourquoi? Quel est votre écrivain favori, et pourquoi?

Citer un seul réalisateur est difficile. J’adore Antonioni, qui m’a beaucoup impressionné avec des films comme Blow-Up, La Nuit ou L’Eclipse. Il se concentre sur la pureté des sensations, sur la frontière souvent fragile entre la réalité et l’illusion, il dépeint comme personne les affects et les névroses de ses personnages, sans recourir aux dialogues. C’est un génie.

Le cinéma de Melville, stylisé et singulier, me parle aussi. La lenteur des situations, le silence (ses héros ne sont pas très bavards !), ses cadrages et son montage, tout cela a inspiré Kurosawa plus tard ! Spielberg qui, avant la trentaine, accouchait du film de genre absolu, virtuose et parfaitement maîtrisé : Les dents de la mer… Côté écrivains, je vénère les maîtres de la Hard-Boiled School, Dashiell Hammett et Raymond Chandler. Hammett pour sa peinture brutale, sans concession, de la société américaine et de la nature humaine, Chandler pour sa maîtrise des personnages et ses envolées lyriques.

Mon maître reste Richard Matheson, l’écrivain par excellence.

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Ayant vu Un prophète au Festival de Cannes, en avant-première, je dois dire que j’ai trouvé ce film tout simplement superbe.

La performance des deux acteurs principaux, Tahar Rahim et Niels Arestrup, comme le traitement singulier de l’univers carcéral.

affiche un prophète

 Pour l’anecdote, je l’ai vu sous la recommandation du réalisateur marocain Mohamed Zineddine…étant pour ma part, corse et, cela va sans dire, fière de l’être.

Aussi, au-delà de certaines polémiques liées à des « on dit », je souhaite plutôt m’attacher aux interrogations réelles qui, de mon point de vue, sous-tendent le film.

Une vie est-elle possible après la peine carcérale ? La peine carcérale permet-elle une réinsertion et une « droite réinsertion » des anciens détenus dans le « corps social » comme cela devrait être son objectif républicain (Rousseau) ou perpétue-t-elle la propension aux actes délictueux par une scission entre le regard que renvoie la société sur le détenu et le vécu du prisonnier, esseulé (Foucault) ?

 Ce point là est présent tout au long du film. Malik, confronté à la violence de l’univers carcéral, finit par trouver sa liberté dans le développement de son propre réseau de délinquance. Ainsi, au-delà de toute appréciation morale, c’est bien la question de l’efficacité de la peine carcérale qui est, en filigrane, posée.

L’insularité et la perpétuation des valeurs d’un peuple peuvent-elles passer outre l’intégration d’autres cultures ? Telles semblent être les grandes interrogations de l’œuvre de Jacques Audiard. Si l’on peut bien sûr considérer qu’un amalgame entre « Mafia » et nationalisme corse est un raccourci pouvant induire une confusion du spectateur, il n’en est pas moins troublant que le film de Jacques Audiard pointe un fait incontestable : le dépeuplement d’une île, d’un peuple, et la crainte de la disparition de ses codes.

La scène qui évoque, en filigrane, cette disparition qui menace, est sans doute celle où l’on perçoit la solitude de César Luciani, l’ancien parrain respecté et craint de tous, rouler à terre un coup de pied au ventre. Aucune jeunesse pour le défendre. L’absence de descendance (filiale ou agrégée) est sa faiblesse.

Le film ne donne pas à voir une Corse raciste. Il donne à voir une Corse en manque de descendance. Il donne à penser sinon une transmission de valeurs, à tout le moins une substitution de mœurs. Et c’est là toute la force de son propos.

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